Vous avez votre concept, vos références visuelles, peut-être même un premier échantillon en tête. Maintenant, l’usine ou l’atelier de production vous demande un tech pack avant d’aller plus loin. Par où commencer ? Quelles informations rassembler ? Quels outils utiliser ?
Ce guide vous donne un processus clair, étape par étape, pour créer un tech pack professionnel — que vous souhaitiez le faire vous-même ou comprendre ce qu’un prestataire spécialisé va produire pour vous.
Avant de commencer : rassemblez vos références
Un tech pack ne se crée pas dans le vide. Avant d’ouvrir le moindre logiciel ou de rédiger la première ligne, vous avez besoin d’un ensemble de références claires sur votre vêtement. Plus votre brief de départ est précis, plus votre tech pack sera juste — et moins vous aurez de cycles de révision.
Réunissez systématiquement les éléments suivants :
- Un vêtement de référence ou un patron de base. Un vêtement existant dont vous aimez la coupe, ou un patron de couture standard que vous souhaitez modifier.
- Des photos ou croquis de votre design. Pas besoin d’être un illustrateur professionnel — des croquis annotés à la main suffisent pour un premier brief.
- Vos références matières. Idéalement des échantillons physiques de tissu avec leur fiche technique (composition, grammage). À défaut, des références précises chez un fournisseur.
- Vos coloris. Des références Pantone si possible, ou des swatches physiques. Évitez les captures d’écran — les couleurs varient d’un écran à l’autre.
- Votre grille de tailles cible. XS–XXL, S–XL, tailles numériques européennes ? Définissez votre spectre de tailles et votre corps de base (fitting size) dès le départ.
Plus vos références sont précises avant la création du tech pack, plus le document final sera fidèle à votre vision — et moins vous paierez en révisions ou en prototypes ratés.
Les 6 étapes pour créer un tech pack
Étape 1 — Réalisez les illustrations techniques (flat sketches)
C’est la colonne vertébrale de votre tech pack. Les flat sketches sont des dessins techniques à plat, vus de face et de dos, qui représentent votre vêtement avec précision — proportions justes, coutures visibles, détails annotés.
Pour les réaliser vous-même, Adobe Illustrator est le standard professionnel. Vous pouvez partir de templates de base (t-shirts, pantalons, vestes) disponibles gratuitement en ligne, puis les modifier selon votre design. Chaque élément notable — poche, zip, boutonnière, bande de couleur — doit être visible et identifiable sur le dessin.
Si vous n’êtes pas à l’aise avec Illustrator, des outils comme CLO 3D ou même Canva (pour des cas simples) peuvent servir de point de départ. L’important est que le résultat soit lisible par un technicien de production — pas artistique, mais précis.
Étape 2 — Rédigez les spécifications matières
Pour chaque tissu utilisé dans le vêtement, documentez avec précision :
- La composition en fibres (ex : 95 % coton / 5 % élasthanne)
- Le grammage en g/m²
- Le type de tissu (jersey, sergé, popeline, twill, molleton…)
- La finition souhaitée (lavé, délavé, gratté, enduit…)
- La référence couleur Pantone ou le code couleur standardisé
Si vous avez plusieurs tissus dans un même vêtement (tissu principal, doublure, empiècement contrasté), chacun doit être spécifié séparément. Ne dites jamais simplement « tissu bleu » — l’usine choisira ce qui lui convient, pas ce que vous voulez.
Étape 3 — Construisez votre grille de mesures
La grille de mesures est le document que le contrôleur qualité utilisera pour valider votre prototype. Elle liste les dimensions exactes du vêtement fini pour chaque taille, accompagnées de leurs tolérances acceptables.
Pour chaque point de mesure — longueur totale, largeur d’épaule, tour de poitrine, longueur de manche, entrejambe, etc. — vous indiquez la valeur cible et l’écart admissible. Par exemple : largeur de poitrine à la taille M = 52 cm ± 1 cm.
Si vous partez d’un vêtement de référence, mesurez-le directement avec un mètre ruban plat selon des points de mesure standardisés. La norme EN 13402 est la référence pour l’étiquetage des tailles en Europe — elle peut servir de guide pour définir votre propre grille.
Étape 4 — Établissez la nomenclature des matières (BOM)
La Bill of Materials est la liste exhaustive de tous les composants du vêtement : tissu principal, doublure, entoilage, boutons, fermetures Éclair, rivets, passepoils, étiquettes, fils. Pour chaque élément, vous précisez la référence, la quantité par article, et idéalement le fournisseur.
Ce document permet à l’usine de calculer le coût matière précis et de sourcer les bonnes fournitures. Il est aussi votre outil de contrôle : si la production livre un vêtement avec des boutons différents de ceux spécifiés dans la BOM, vous avez un document de référence pour contester.
Étape 5 — Spécifiez l’étiquetage
En France et dans l’UE, l’étiquetage textile est encadré par des obligations légales : la composition des fibres doit être indiquée, les symboles d’entretien doivent être présents, le pays de fabrication est recommandé. Votre tech pack doit intégrer ces contraintes dès la conception.
Précisez pour chaque étiquette : son type (marque, taille, entretien, composition), son emplacement exact sur le vêtement, ses dimensions, sa finition (woven, printed, satin…), et le texte ou symboles qu’elle doit porter.
Un étiquetage non conforme expose votre marque à des refus en douane ou à des rappels de produits. Notre pack Professionnel inclut la vérification de conformité UE de l’étiquetage — consultez les détails sur notre page services et tarifs.
Étape 6 — Ajoutez les instructions de production
Pour un tech pack destiné à une production industrielle — notamment à l’étranger — il est recommandé d’ajouter des instructions spécifiques sur les méthodes de construction : types de points de couture, marges de couture, finitions intérieures, instructions de repassage, méthode d’emballage et de conditionnement.
Ces instructions sont particulièrement importantes si vous travaillez avec une usine en Asie, où les échanges en temps réel sont limités et où chaque ambiguïté dans le document devient un risque de production non conforme.
Quels outils pour créer son tech pack ?
- Adobe Illustrator — le standard professionnel pour les flat sketches et la mise en page
- Microsoft Excel / Google Sheets — pour les grilles de mesures et les BOM
- CLO 3D / Browzwear — logiciels de modélisation 3D pour les marques avec un budget plus élevé
- Canva — pour des designs simples si vous n’avez pas Illustrator, avec des limites sur la précision technique
- Notion / Google Docs — pour structurer et rassembler les informations avant la mise en forme finale
Le format de livraison standard est un PDF multi-pages, parfois accompagné de fichiers PNG pour les illustrations. Certains fabricants demandent aussi les fichiers sources en AI ou SVG — un add-on disponible chez Techpack.studio.
Faire son tech pack soi-même ou externaliser ?
Créer son tech pack soi-même est possible si vous avez une formation en stylisme ou en modélisme, et si vous maîtrisez Adobe Illustrator. Pour beaucoup de fondateurs de marques, ce n’est pas le cas — et c’est parfaitement normal.
Le vrai coût de faire son tech pack seul n’est pas le logiciel ou les tutoriels : c’est le temps passé, les erreurs techniques non détectées, et les prototypes ratés qui en résultent. Un prototype supplémentaire coûte généralement entre 150 € et 400 € selon la complexité — souvent bien plus que le coût d’un tech pack externalisé.
Techpack.studio accompagne des marques de streetwear, de mode contemporaine, d’activewear et de mode durable avec des délais de 48 h à 7 jours selon le pack. Consultez notre portfolio pour voir des exemples concrets de livrables, et découvrez notre page à propos pour en savoir plus sur notre approche.
Les erreurs les plus courantes à éviter
- Spécifications matières vagues. « Tissu de type jogging » n’est pas une spécification. Composition, grammage, finition : les trois sont obligatoires.
- Oublier les tolérances de mesure. Un tableau de mesures sans tolérances donne à l’usine toute latitude pour s’en écarter.
- Négliger l’étiquetage. La composition des fibres est une obligation légale en UE. Un oubli coûte cher à corriger en post-production.
- Un seul flat sketch pour un vêtement complexe. Une veste avec des détails intérieurs, des poches et des finitions spéciales nécessite des vues supplémentaires.
- Envoyer le tech pack sans brief complémentaire. Un tech pack complet est idéalement accompagné d’un email de brief résumant les priorités absolues — là où aucune déviation n’est acceptable.
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